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La Révélation progressive de Dieu

 

Sommaire

1     Dieu en lui-même

2     Dieu s’est révélé progressivement

3     Les noms principaux de Dieu dans l’Ancien Testament

3.1      Élohim :

3.2      Yahveh, traduit par l’Éternel,

3.3      Adonaï : le Seigneur, le Maître,

3.4      El-Shaddaï : «Dieu le Tout-puissant».

3.5      Élion : le Très-Haut

4     Dans le Nouveau Testament : Le Père

5     «Celui qui est assis sur le trône» (Apocalypse 4:2-3 ; 5:7).

6     La Trinité

7     Dieu manifesté en chair  (dans le Nouveau Testament)

7.1      Jésus : l’Éternel Sauveur.

7.2      la Parole (o Logos, l’expression de la pensée).

7.3      le Fils unique

7.4      le Christ — Oint — Messie.

7.5      le Sauveur.

7.6      le Seigneur.

7.7      le Nazaréen.

7.8      le Roi.

7.9      le mystère de sa Personne.

 

 

1                    Dieu en lui-même

«L’Éternel a dit qu’il habiterait dans l’obscurité profonde» (2 Chroniques 6:1). Lorsque la nuée, présence de Dieu, a rempli le tabernacle ou le temple, ni les sacrificateurs, ni même Moïse en son temps, ne pouvaient y pénétrer, «car la gloire de l’Éternel remplissait la maison de Dieu» (Exode 40:35 ; 2 Chroniques 5:14). Il «habite la lumière inaccessible, lui qu’aucun des hommes n’a vu, ni ne peut voir» (1 Timothée 6:16). — Autrement dit, il est inconnu sur la terre, inaccessible dans la lumière céleste. Lorsque Moïse désire voir la gloire de Dieu, l’Éternel lui répond : «Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre» (Exode 33:20).

 

Pourtant à travers les siècles, comme le dit Paul aux Athéniens, quelques-uns ont cherché Dieu, «s’ils pourraient en quelque sorte le toucher en tâtonnant et le trouver» (Actes 17:27). Même un philosophe grec comme Platon n’a pu que «tâtonner». Il fallait que Dieu se révèle.

 

 

2                    Dieu s’est révélé progressivement

1 Corinthiens 1:21 nous dit que «le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu». De sa propre initiative, il a plu alors à Dieu de se révéler progressivement.

 

1. «Ce qui peut se connaître de Dieu est manifeste... Ce qui ne peut se voir de Lui, et sa puissance éternelle et sa divinité, se discerne par le moyen de l’intelligence, par les choses qui sont faites» (Romains 1:19-20). Le Dieu créateur, sa puissance éternelle et sa divinité, se révèlent «par les choses qui sont faites». «Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue annonce l’ouvrage de ses mains. Il n’y a point de langage, il n’y a point de paroles ; toutefois leur voix est entendue» (Psaume 19:1 et 3).

 

2. À Adam, Dieu s’est fait connaître comme «l’Éternel Dieu». Il l’a comblé de ses soins ; mais l’homme a transgressé le seul commandement qui lui était imposé et a été chassé du jardin. Toutefois, en Genèse 4:26, après la naissance de son petit-fils Énosh (homme mortel), «on commença à invoquer le nom de l’Éternel». Hénoc marche avec Dieu ; puis Dieu se manifeste aux patriarches. Noé est averti divinement du déluge et par la foi construit l’arche (Hébreux 11:7).

 

Avec l’appel d’Abraham commence une nouvelle période où Dieu se fait connaître. Babel avait amené la confusion. L’idolâtrie s’était répandue (Josué 24:2). L’Éternel dit alors à Abram : «Va-t’en de ton pays et de ta parenté et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai» (Genèse 12:1). En Actes 7, la parole rapportée par Étienne est plus précise : «Sors de ton pays... Viens au pays que je te montrerai». À plusieurs reprises, Dieu apparaît à Abraham. Il est pour lui «le Dieu Tout-puissant» (Genèse 17:1). Il se révélera à Isaac, puis à Jacob sous le même nom (Genèse 28:2-5 ; 35:11-12).

 

Les siècles s’écoulent ; une nouvelle révélation est faite à Moïse avec l’apparition au buisson (Exode 3) et surtout au Sinaï. Et tout le long de la carrière du conducteur, l’Éternel parlera avec lui «bouche à bouche... face à face» (Nombres 12:8 ; Deutéronome 34:10).

 

3. Pourtant, quand approche le départ de Moïse, à la fin du Deutéronome, il doit être dit : «Les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu ; et les choses révélées sont à nous et à nos fils» (Deutéronome 29:29). Que de choses il y avait encore à révéler au-delà de la loi !

 

4. Hébreux 1 résume le chemin parcouru jusqu’à Christ : «Dieu ayant autrefois à plusieurs reprises et en plusieurs manières, parlé aux pères par les prophètes, à la fin de ces jours-là, nous a parlé dans le Fils».

 

5. Le Seigneur Jésus est venu sur la terre et a commencé son ministère. Il enseignait ses disciples (Matthieu 5 à 7) ; il parlait aux foules en paraboles (Matthieu 13:34), mais à ses disciples, il expliquait celles-ci dans le particulier (Marc 4:10-11 ), mais,

 

6. lorsqu’il va quitter les siens, il leur déclare : «J’ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les supporter maintenant. Mais quand celui-là, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité» (Jean 16:12-13).

 

7. Le Saint Esprit va révéler «la sagesse de Dieu». 1 Corinthiens 2:7-16 nous en donne le cheminement.

 

La sagesse de Dieu en mystère était cachée, préordonnée avant les siècles pour notre gloire (v. 7). Dieu nous l’a révélée par son Esprit (v. 10). Ce «nous» se réfère à ceux que Dieu a choisis pour être des vases de sa révélation et la transmettre (v. 10-11).

 

Ayant reçu l’Esprit de Dieu, ceux-ci ont pu connaître «les choses qui nous ont été librement données par Dieu» ; puis, divinement inspirés, ils ont pu en parler, non point en paroles enseignées de sagesse humaine, mais en paroles enseignées de l’Esprit (v.13). Non seulement les pensées générales révélées par Dieu ont été exprimées, mais même les paroles pour les transmettre ont été enseignées de l’Esprit. Les choses spirituelles ont été communiquées «à des hommes spirituels» et non à «l’homme animal (qui) ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit de Dieu» (v. 13-14). Celui qui est spirituel discerne toutes choses ; «nous, nous avons la pensée de Christ» (v. 16).

 

8. Restait encore à révéler «le mystère du Christ» ; il n’avait pas été donné à connaître précédemment, mais maintenant il était mis en lumière, savoir «que les nations seraient cohéritières et d’un même corps et coparticipantes de sa promesse dans le Christ Jésus par l’évangile» (Éphésiens 3:4-6). Par l’apôtre, et d’autres «prophètes», ces «richesses insondables du Christ» ont été annoncées devant tous.

 

9. Quant à l’avenir, nous avons la «révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses esclaves les choses qui doivent arriver bientôt» (Apocalypse 1:1). Les écrivains des épîtres en avaient déjà parlé, mais il a fallu cette révélation pour que l’Écriture fût complète, à laquelle il n’y a rien à retrancher et rien à ajouter (Apocalypse 22:18-19).

 

3                    Les noms principaux de Dieu dans l’Ancien Testament

Dans cette révélation progressive, Dieu prend des noms en rapport avec cette révélation. Dans toute la Parole, le nom, c’est la personne (cf. Matthieu 18:20 ; 1 Jean 5:13). Ses noms font donc partie intégrante de sa révélation. Il vaut la peine d’en considérer au moins les plus essentiels sous lesquels il s’est donné à connaître.

 

3.1   Élohim :

La Genèse s’ouvre majestueusement par ces mots : «Au commencement Dieu» : Ici c’est Élohim (pluriel de Éloah, le Fort, surtout dans Job), le Dieu suprême, la déité dans le sens absolu. Le mot Élohim est au pluriel, mais le verbe «créa», au singulier, ce qui constitue une première allusion, d’emblée, à la Trinité qui ne sera révélée pleinement que dans le Nouveau Testament. En effet, au verset 26, Dieu parle au pluriel : «Faisons... notre... nous» (1:26 ; 3:22). Élohim revient environ deux mille trois cents fois dans l’Ancien Testament.

 

3.2   Yahveh, traduit par l’Éternel,

environ six mille cinq cents fois dans l’Ancien Testament. L’essence même de Dieu est, dans l’original, désigné par le tétragramme sacré : YHVH, nom que les Juifs ne prononçaient même pas ; pour l’écrire, les rabbins devaient se laver et prendre chaque fois une nouvelle plume.

 

Dans le peuple terrestre de Dieu, on parlait du «Seigneur» : Adonaï (voir § 3), dont on aurait introduit les voyelles dans YHVH, pour en faire Yahveh, plus tard transformé en Jéhovah, nom de Dieu qui se retrouve dans plusieurs traductions de la Bible en notre langue (ainsi que son abréviation JAH).

 

Yahveh est celui qui est, qui vit, qui existe en lui-même, mais qui se révèle. «Je suis» (Exode 3:14), est la première personne de la racine (HVH = être) du nom de Yahveh.

 

Yahveh-Élohim, l’Éternel Dieu, désigne, par exemple en Genèse 2:4 et 3:8, Dieu en relation avec l’homme, le Dieu de l’alliance et de la rédemption (Genèse 3:21 ; Exode 3:13-17 ; 6:2-4, 8).

 

Yahveh est son nom de relation spéciale avec Israël, le «Je suis celui qui suis» de Exode 3:14, précisé en 6:2-3 : «Je suis l’Éternel (Jéhovah). Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob comme le Dieu Tout-puissant (El-Shaddaï- voir§ 4); mais je n’ai pas été connu d’eux par mon nom d’Éternel». À noter que, si Dieu est appelé l’Éternel dès le début de la Genèse, ce n’était pas son nom de révélation à l’époque, mais celui dont l’écrivain (Moïse) se servait pour parier de Lui.

 

Tout au long de l’Ancien Testament, on trouve plusieurs noms sous lesquels Dieu se révèle qui sont composés avec Yahveh. Par exemple Jéhovah-Jiré en Genèse 22:14 (l’Éternel y pourvoira) ; Jéhovah-Shamma : l’Éternel est là (Ézéchiel 48:35).

 

3.3   Adonaï : le Seigneur, le Maître,

se trouve environ quatre cent vingt-sept fois dans l’Ancien Testament, parfois sous une forme composée Seigneur Éternel (Genèse 15:2, 8 ; 18:3 ; Exode 9:1, 13 (Moïse) ; Daniel 9 ; etc).

 

C’était le nom usuel parmi les Juifs, soulignant la souveraineté de Dieu : l’homme est son «vassal» ; il lui appartient comme Maître, lui obéit et dépend de lui. Ce nom correspond dans le Nouveau Testament à Kurios = Seigneur (Philippiens 2:11), dont Paul s’intitule «esclave» (Philippiens 1:1).

 

3.4   El-Shaddaï : «Dieu le Tout-puissant».

 

Dieu s’est révélé ainsi à Abraham (Genèse 17:1), puis à Isaac (28:3), et enfin à Jacob (35:11). Celui-ci avait demandé à l’Homme qui avait lutté avec lui à Péniel quel était son nom, sans obtenir de réponse (Genèse 32:29). Il a fallu qu’il se réconcilie d’abord avec Ésaü son frère (Genèse 33), puis qu’il ôte les dieux étrangers que sa famille avait conservés depuis son séjour chez Laban (35:4). Il monte alors à Béthel, où Dieu lui était apparu lorsqu’il s’enfuyait ; là Dieu lui apparaît de nouveau à son retour, le bénit, et se révèle à lui comme le Dieu Tout-puissant (v. 11).

 

Dans le livre de Job, ce nom de Tout-puissant revient trente et une fois. C’était Sa relation avec les patriarches. Dieu le rappelle à Moïse, en Exode 6:3. Maintenant, comme signe de son alliance avec son peuple, qu’il va constituer — dit-il — «pour être mon peuple, et je vous serai Dieu», il prend le nom d’Éternel (YHVH, comme nous l’avons vu). Il répétera tout le long des livres de Moïse : «Je suis l’Éternel».

 

3.5   Élion : le Très-Haut

C’est le nom que fondamentalement Dieu prend pour ceux à qui il se révèle, mais qui ne sont pas d’Israël, par exemple un Melchisédec «sacrificateur du Dieu Très-Haut» (Genèse 14.18), ce personnage mystérieux, qui apparaît à Abraham lorsqu’il revenait de la défaite des rois, et le bénit de la part du Dieu Très-Haut.

 

Abraham est ainsi fortifié dans sa foi, et lorsque le roi de Sodome lui dit: «Donne-moi les âmes (voir la note) et prends les biens pour toi» (v. 21), le patriarche peut carrément refuser, — enseignement bien important pour les pères de famille, auxquels l’Ennemi chuchoterait : «pourvu que tu acquières les biens, qu’importe tes enfants», sous-entendu, j’aurai leur âme  !

 

4                    Dans le Nouveau Testament : Le Père

a. Exceptionnellement dans l’Ancien Testament, Dieu se désigne lui-même comme Père : protecteur, conducteur, ayant compassion, soit d’Israël autrefois (Jérémie 3:4), soit du résidu futur (Ésaïe 63:16), ou lorsqu’il s’agit de ses soins (Psaume 103:13). Mais il ne se révèle pas comme tel.

 

b. Il faut en arriver aux évangiles, et plus spécialement à Matthieu et Luc, pour que le Seigneur Jésus lui-même parle de : «Votre Père céleste» ou de «Notre Père qui es dans les cieux». C’est un Père distant ; il prend soin des siens qui lui doivent obéissance, qui peuvent le prier ; mais il est par définition même dans le ciel.

 

c. Évangile de Jean

Les premiers versets qui ouvrent l’évangile nous révèlent «la Parole» devenue chair, habitant au milieu de nous, dont l’apôtre peut dire : «Nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un fils unique de la part du Père». Ces deux premiers paragraphes se clôturent par cette déclaration insondable : «Le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître». À travers tout l’évangile de Jean, Jésus dira «Mon Père», ou «le Père». Exceptionnellement en Matthieu 11:27, il dit aussi «Mon Père».

 

Philippe demandera : «Seigneur, montre-nous le Père» (Jean 14:8). Jésus de lui répondre : «Je suis depuis si longtemps avec vous et tu ne m’as pas connu, Philippe  ? Celui qui m’a vu, a vu le Père... Ne crois-tu pas que moi je suis dans le Père et que le Père est en moi  ?» (Jean 14:8-10). «Moi et le Père, nous sommes un», avait dit Jésus en Jean 10:30. Il a fallu sa mort et sa résurrection pour qu’il puisse parler de «votre Père». À la fin de sa prière, en Jean 17, Jésus dit : «Je leur ai fait connaître ton nom» — durant tout son ministère, il avait en quelque mesure révélé le Père — «et je le leur ferai connaître». Il a fallu la résurrection pour que Marie de Magdala puisse transmettre le message : «Je monte vers mon Père et votre Père» (20:17). Remarquons que le Seigneur Jésus ne dit pas : «Notre Père». Sa relation avec le Père est unique. Il reste Premier-né entre plusieurs frères ; pourtant son Père est devenu notre Père. «À tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu» (1 :12). Et l’apôtre, fort de tout ce qu’il avait vu, entendu et contemplé, peut confirmer : «Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu !» (1 Jean 3:1).

 

Avant de les quitter, il avait souligné : «Le Père lui-même vous aime» (Jean 16:26). Si nous rapprochons divers passages de cet évangile, nous voyons sept fois que «le Père aime le Fils», amour éternel, insondable, bien au-dessus de nous. Mais Jésus peut dire à son Père : «Tu les as aimés comme tu m’as aimé» (Jean 17:23). L’amour du Père descend comme aussi l’amour du Fils : «Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés» (15:9). Et vient la conclusion : «Que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés» (v. 12).

 

Le Père est le même que le Tout-puissant, que Yahveh, que Adonaï, mais combien plus intime et proche. La connaissance du Père n’est pas l’apanage des croyants les plus avancés, mais, dit l’apôtre : «Je vous écris, petits enfants, parce que vous connaissez le Père» (1 Jean 2:13).

 

Dans la même épître, qu’est-ce que Dieu est  ? Il est «lumière», il est «amour» (1 Jean 1:5 ; 4:8).

 

5                    «Celui qui est assis sur le trône» (Apocalypse 4:2-3 ; 5:7).

La plus grande espérance du croyant est de voir le Seigneur Jésus «comme il est» ; mais on demande souvent: «Verrons-nous Dieu  ?». Dans ces deux chapitres de l’Apocalypse, il y a quand même des personnages distincts : celui qui est assis sur le trône ; l’Agneau immolé au milieu du trône ; les sept esprits de Dieu devant le trône. Dans les chapitres 2 et 3, pour conclure les lettres aux sept assemblées, il est répété que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées. C’est notre part première sur la terre, écouter. Mais lorsque Jean est «en esprit», depuis le chapitre 4, il ne s’agit plus tellement d’écouter, mais de voir: «Et je vis... et je vis».

 

Que verrons-nous dans Celui qui est assis sur le trône ? Il est semblable à une pierre de jaspe (4:3) (*). Ce n’est plus «l’obscurité profonde», ni «la lumière inaccessible», mais nous ne pourrons sonder tout le mystère du Dieu qui est esprit.

(*) D’après Pline, la pierre ainsi nommée de son temps, était translucide, laissant passer la lumière, mais ne permettant de voir aucune forme.

 

De l’épouse par contre il est dit : «Son luminaire était semblable à une pierre très précieuse, comme à une pierre de jaspe cristallin» (Apocalypse 21:11), impliquant la transparence.

 

Quant à l’Agneau divin, qui reste toujours homme dans la gloire, comme le dit l’apôtre, nous le verrons «comme il est» (1 Jean 3:2).

 

6                    La Trinité

a. Dieu avait clairement déclaré à Israël par Moise : «L’Éternel, notre Dieu, est un seul Éternel» (Deutéronome 6:4). Aussi le premier commandement de la loi précisait-il : «Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face». 1 Timothée 2:5 affirme : «Dieu est un» ou «il y a un seul Dieu» (note).

 

b. Et pourtant Dieu s’est manifesté en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit.

 

À la première page de la Parole de Dieu, comme nous l’avons vu, Élohim est au pluriel, le verbe qui suit au singulier, impliquant déjà cette Trinité encore mystérieuse. D’aucuns y voient une allusion voilée dans la triple bénédiction de Nombres 6:24-26 : D’abord la bénédiction du Père ; puis la lumière et la grâce qui seront apportées par le Fils ; enfin la gloire de Christ révélée par l’Esprit (Jean 16:14) avec la paix qui en est le fruit (Galates 5:22).

 

Mais il faut arriver au Nouveau Testament et au baptême de Jean pour que la Trinité soit pleinement révélée : Jésus vient au Jourdain et prend place, quoique sans péché lui-même, avec ceux qui confessaient les leurs. Pour qu’il ne soit pas confondu avec ceux qui l’entourent, la voix du Père se fait entendre : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir» et Jésus vit «l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur Lui» (Matthieu 3:16-17).

 

Au moment de quitter les siens, le Seigneur Jésus les envoie pour faire disciples toutes les nations et les baptiser «pour le nom du Père et du Fils et du Saint Esprit» (Matthieu 28:19). Remarquons le nom et non pas les noms.

 

Et l’apôtre terminera la deuxième épître aux Corinthiens en écrivant : «Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, et l’amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous».

Ce qui était voilé dans l’Ancien Testament, est pleinement révélé dans le Nouveau. La foi accepte cette révélation telle que la Parole nous la donne, sans que nous puissions sonder complètement ce mystère (1 Corinthiens 13:12).

 

7                    Dieu manifesté en chair      (dans le Nouveau Testament)

«Le mystère de la piété est grand : — Dieu a été manifesté en chair... a été élevé dans la gloire» (1 Timothée 3:16).

 

«Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu» — «Et la Parole devint chair et habita au milieu de nous et nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un fils unique de la part du Père» (Jean 1:1, 14).

 

Jésus interroge ses disciples : «Qui disent les hommes que je suis, moi, le fils de l’homme  ?» —Simon Pierre répond : «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant», révélation que Simon avait reçue du Père (Matthieu 16:13-17). Jésus lui-même se déclare «fils de l’homme» ; le Père révèle qu’il est «Fils de Dieu» véritablement homme et véritablement Dieu.

 

N’allons pas plus loin dans la révélation de ce «mystère» ; Jésus lui-même l’a souligné : «Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; ni personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler» (Matthieu 11:27). Il reste dans l’homme Christ Jésus un «mystère» non dévoilé. Par le ministère de l’Esprit de vérité, nous connaissons le Fils dans la mesure où Dieu l’a voulu (Jean 15:26). Mais gardons toute révérence sans chercher à scruter ce que Dieu n’a pas jugé bon de nous dire. Personne, sous peine de mort, ne devait regarder dans l’arche (type de Christ), ni la toucher.

 

7.1   Jésus : l’Éternel Sauveur.

Annonçant la naissance miraculeuse de l’enfant, l’ange avait dit à Marie : «Tu appelleras son nom Jésus» (Luc 1:31).

 

Plus tard, à Joseph inquiet, un ange du Seigneur apparaît en songe et répète : «Tu appelleras son nom Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés» (Matthieu 1:21).

 

Durant tout son ministère dans les évangiles, c’est le nom essentiel qui le désigne. Dans son premier discours au peuple, Pierre conclut, alors que Jésus a été ressuscité et élevé dans la gloire : «Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié» (Actes 2:36).

 

En réponse à la question de Saul terrassé sur le chemin de Damas: Qui es-tu Seigneur  ? — il dit : «Je suis Jésus que tu persécutes». Et dans l’extraordinaire passage de Philippiens 2:6-11, Dieu confirme le «nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou... et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père».

 

Dans les derniers versets de la Bible nous lisons : «Moi, Jésus... je suis... l’étoile brillante du matin» ; il répète : «Oui, je viens bientôt» et l’Esprit et l’épouse de répondre :

«Amen viens, Seigneur Jésus !».

 

Son nom figure à la première ligne de l’évangile de Matthieu, comme dans la dernière de la Bible.

 

S’il est le Sauveur, il est aussi le seul «médiateur» entre Dieu et les hommes...

«l’homme Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous» (1 Timothée 2:6), vrai Dieu et vrai homme en une seule personne. S’il n’était devenu homme, il n’aurait pu être le médiateur.

 

7.2   la Parole (o Logos, l’expression de la pensée).

Au début de l’histoire du temps, la Genèse déclarait «Au commencement Dieu...». Mais l’évangile de Jean va bien plus en arrière, aussi en arrière que peut remonter la pensée (en archê) pour nous dire : «Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu. Elle était au commencement auprès de Dieu».

 

Le «Logos» était donc

— éternel dans son existence (puisqu’il «était»),

 

— distinct dans sa personne (... auprès de Dieu),

 

— divin dans son essence (était Dieu),

 

— éternellement auprès de Dieu.

 

Au début de son épître, avec quelle émotion l’apôtre rappelle «ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de la vie» (1 Jean 1:1).

 

Quand Jésus apparaîtra dans sa gloire, avec plusieurs diadèmes sur sa tête, son nom s’appelle : «la Parole de Dieu» (Apocalypse 19:13).

 

7.3   le Fils unique

(Monogenes, eingeborene Sohn, only-begotten Son), Celui que Dieu a «donné» (Jean 3:16) : «son don inexprimable» (2 Corinthiens 9:15).

 

Il est Fils :

 

a. éternel dans son existence (Jean 1:1) ; n’a pas été créé (1:3) : «toutes choses ont été créées par lui et pour lui ; et lui est avant toutes choses» (Colossiens 1:16-17) ; dans la gloire auprès du Père «avant que le monde fût» (Jean 17:5) ; objet de son amour éternel : «Père... tu m’as aimé avant la fondation du monde» (v. 24) ; dans une communion insondable avec Lui : «Le Fils unique qui est dans le sein du Père» (Jean 1:18).

 

b. comme engendré sur la terre (Psaume 2:7 ; Hébreux 1:5 ; 10:5) «Tu m’as formé un corps», mystère inscrutable de sa naissance, comme l’ange le dit à Marie : «l’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi aussi la sainte chose (le saint enfant) qui naîtra sera appelée Fils de Dieu» (Luc 1:35).

 

Au baptême de Jésus au Jourdain comme à sa transfiguration sur la montagne, la voix du Père s’est fait entendre : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir».

 

c. comme ressuscité : «Son Fils, né de la semence de David selon la chair, déterminé (ou déclaré) Fils de Dieu en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts» (Romains 1:4).

 

Et souvenons-nous que c’est sur son témoignage d’être le Fils de Dieu qu’il a été condamné par le sanhédrin (Matthieu 26:63-66 ; Luc 22:70-71).

 

7.4   le Christ — Oint — Messie.

Il n’est pas devenu le Christ à son baptême, comme d’aucuns le prétendent, mais Proverbes 8:23 est clair: «Dès l’éternité je fus établie (ointe), dès le commencement, dès avant les origines de la terre». Et Romains 9:5 de préciser : «Le Christ... est sur toutes choses Dieu béni éternellement».

 

Dans le psaume 2:2, les rois de la terre consultent ensemble «contre l’Éternel et contre son Oint».

 

Il est donc éternel dans son existence, mais aussi né dans ce monde. Remarquons les généalogies qui ouvrent l’évangile de Matthieu. Elles nous précisent la succession des générations issues d’Abraham. Mais au verset 16, «Jacob engendra Joseph, le mari de Marie», non pas : qui engendra — mais «de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ».

 

Avec quelle joie André vient dire à son frère Simon : «Nous avons trouvé le Messie» (Jean 1:42). Lorsqu’au puits de Sichar la femme dit : «Je sais que le Messie, qui est appelé le Christ, vient», Jésus lui révèle : «Je le suis, moi qui te parle» (Jean 4:25-26).

 

Et quand Jésus demande à ses disciples ce que les hommes disent de lui, le fils de l’homme, Pierre répond : «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant» (Matthieu 16:16). La chair et le sang n’avaient pas révélé cela à l’apôtre, mais le Père qui est dans les cieux.

 

Au moment où va s’ouvrir le règne de mille ans, le septième ange déclare : «Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ est venu, et il régnera aux siècles des siècles» (Apocalypse 11:15).

 

7.5   le Sauveur.

Les premiers chrétiens avaient un signe de ralliement : ICHTHUS, en grec le poisson, dont les lettres signifiaient : Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur. On retrouve ce «mot de passe» dans les catacombes en particulier, mais il résume bien en quelques lettres ce que Jésus était pour eux.

 

Dans sa première prédication aux nations, Paul dit: «Dieu, selon sa promesse, a amené à Israël un Sauveur» (Actes 13:23). En première ligne, Jésus était venu comme Sauveur pour le peuple terrestre (Matthieu 1:21), mais il a été rejeté. Ésaïe l’avait annoncé : «C’est peu de chose que tu me sois serviteur pour rétablir les tribus de Jacob, et pour ramener les préservés d’Israël ; je te donnerai pour être une lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre» (Ésaïe 49:6). Le prophète prévoyait déjà que le Sauveur devrait dire : «J’ai travaillé en vain, j’ai consumé ma force pour le néant et en vain». La réponse de Dieu donnait à sa venue une portée infiniment plus grande. Les hommes de Sichar l’avaient reconnu : «Nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde». Jean, dans sa première épître, conduit par l’Esprit de Dieu, confirmera : «Le Père a envoyé le Fils, Sauveur du monde» (1 Jean 4:14).

 

Il est «notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ» (Tite 2:13). Nous attendons la bienheureuse espérance : «le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur, qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire» (Philippiens 3:20-21).

 

7.6   le Seigneur.

L’enfant est né à Bethléem ; l’ange annonce aux bergers «un grand sujet de joie... car aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un Sauveur». L’enfant emmailloté dans sa crèche en était le «signe» pour eux. Qui était-il  ? Un Sauveur, mais aussi «le Christ, le Seigneur» ! (Luc 2:11). Et Philippiens 2 confirme : «Jésus Christ est Seigneur».

 

Sept fois dans l’épître aux Romains, il est appelé notre Seigneur Jésus Christ. Mais quand Marie de Magdala pleure au sépulcre, elle dit : «On a enlevé mon Seigneur». Thomas dira «mon Seigneur et mon Dieu» (Jean 20:13, 28). Et dans l’intimité de la communion dont il jouissait, l’apôtre a considéré comme une perte tous ses privilèges juifs «à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur» (Philippiens 3:8).

 

«Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur, et que tu croies dans ton coeur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé» (Romains 10:9).

 

Et chaque croyant est appelé à contempler à face découverte la gloire du Seigneur, pour être transformé en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit (2 Corinthiens 3:18).

 

7.7   le Nazaréen.

C’est le nom méprisé. Comme le dit Nathanaël : «Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth  ?» (Jean 1:47). La croix portait l’écriteau : «Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs», appellation choisie pour le tourner en dérision et pour contredire les Juifs qui avaient proclamé n’avoir d’autre roi que César.

 

Mais après la résurrection, le nom du méprisé est réhabilité. Les deux disciples parlent des choses «touchant Jésus le Nazaréen, qui était un prophète puissant en oeuvre et en parole», (Luc 24:19). Dans son discours aux Israélites, Pierre l’appelle : «Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous... lequel Dieu a ressuscité» (Actes 2:22-24). Et depuis la gloire, Jésus dit à Saul : «Je suis Jésus le Nazaréen» (Actes 22:8) !

 

7.8   le Roi.

Le psaume 2 avait parlé du roi oint sur Sion, contre lequel les rois de la terre, les princes, consultaient ensemble (v. 2). Jésus en fait la belle confession devant Ponce Pilate qui lui dit : «Tu es donc roi  ?». Jésus répond : «Tu le dis que moi je suis roi» (Jean 18:37).

 

Roi jadis rejeté et méprisé, il apparaîtra un jour à ceux qui l’ont percé. Tout oeil verra Jésus, ayant sur son vêtement un nom écrit : «Roi des rois et Seigneur des seigneurs» (Apocalypse 1:7 ; 19:16).

 

7.9   le mystère de sa Personne.

Tous ces noms le révèlent à nos coeurs et le rendent plus précieux à nos affections ; il en porte encore bien d’autres, mais il reste dans sa personne même, cet inscrutable mystère : seul le Père connaît à fond le Fils (Matthieu 11:27). Même au jour de sa gloire, quand il est appelé de plusieurs noms : «Fidèle, véritable, juge, la Parole de Dieu, Roi des rois et Seigneur des seigneurs», il porte cependant «un nom écrit que nul ne connaît que lui seul» (Apocalypse 19:12) !

 

Aussi est-ce avec toute révérence et soumission à la Parole, sans rien y ajouter, ni retrancher, que nous serons conduits par l’Esprit de Dieu, les yeux de notre âme pouvant s’ouvrir pour considérer la merveilleuse personne de Jésus, Fils bien-aimé du Père.